Episode 49 – Phonsavan et Luang Prabang dans le nord du Laos

Après ces 3 journées dans la fournaise de Vientiane, nous décidons de continuer vers le nord pour rejoindre la petite ville de Phonsavan dans la province de Xieng Khuang. Cette province a été l’une des plus dévastées par la guerre. Pratiquement tous les villages ont été bombardés entre 1964 et 1973. Nous espérons en apprendre plus sur l’histoire du pays en allant dans cette ville.

.

Le coup de la panne

Depuis Vientiane, nous prenons un mini bus pour le prix exorbitant de 155.000 Kip (+/- 19 EUR) pour faire 365 kilomètres. Les transports sont vraiment chers par rapport aux autres pays d’Asie du Sud Est, mais bon, on n’a pas vraiment le choix.

On nous annonce 10 heures de trajet… Oui, oui, vous avez bien lu, 10 heures de trajet pour faire 365 kilomètres. C’est quasiment de la route de montagne tout le long.

Carte route montagne

Mais les 10 heures, c’était sans compter la première panne, à peine une demi-heure après le départ. On s’arrête plus d’une heure dans une espèce de centre de réparation. On ne comprend pas trop ce qu’il se passe, mais le chauffeur a l’air confiant, et on redémarre en chargeant encore plus de personnes.

Quelques heures après, re-panne… Tiens ça faisait longtemps :) Oui, sauf que cette fois-ci, on est sur le bord de la route, au milieu de nulle part… Il fait franchement chaud et après une heure en bord de route, l’attente commence à être longue.

IMG_2133

Personne ne parle anglais sauf une petite dame (Tuk de son prénom) qui gentiment essaye de nous expliquer qu’un autre bus va arriver pour nous charger…Une demi-heure… Une heure plus tard, on commence à se dire qu’il n’y aura pas de bus. (Pour info, on aura fait 65 kilomètres en 6 heures !!)

 IMG_2134

Surtout que la tension commence à monter entre les locaux. Certains s’engueulent avec le chauffeur, ça crie au téléphone et ça s’énerve fort. Nous, on est au milieu, on comprend rien et du coup, je décide d’aller jusqu’à une guesthouse pour essayer de contacter l’agence qui nous a vendu le ticket et voir s’ils envoient effectivement un bus ou pas.

Sauf que, ce que je pensais être une « guesthouse », s’avère être un « club de massages ». Et quand je dis « club de massages », j’entends celui où chaque fille à une petite chambre individuelle et vous masse à peu près partout… Vous imaginez ma tête quand j’ai débarqué avec mon sac à dos et que j’ai vu toutes les filles en enfilade entrain d’attendre devant leurs « chambres ». (Pas de photo disponible :) )

Du coup, je ne m’éternise pas, je fais demi-tour, de toute façon, les filles n’avaient pas l’air parfaites bilingues en anglais et le patron non plus.

Entre temps, Elodie a trouvé un autre car qui va à Phonsavan et qui accepte de nous y emmener. Nous ne sommes que 5 à prendre le car, tous les autres attendent sur le bord de la route. Au début, on trouve ça bizarre mais on comprendra bien vite qu’en fait, il faut repayer le car… Ah ben tiens donc… et là, on nous demande 100.000 Kip de plus (+/- 12 EUR). Déjà qu’on a payé 19 EUR pour un mini bus pourri, c’est hors de question, qu’on repaye encore 12 EUR. Du coup, on fait celles qui ne comprennent pas :)

Le gars nous montre un billet de 100.000 KIP et nous on lui dit « Yes, Yes », en lui donnant nos tickets de bus . Et vu qu’il ne parle pas anglais, il est bien embêté… Il insiste et nous on continue à faire les blondes… ça dure quelques minutes et puis il revient avec un téléphone. Surement son patron, on ne sait pas. En tous cas la personne parle anglais et nous demande de payer les 100.000 KIP. Là, on lui explique qu’on a déjà payé 155.000 Kip pour notre premier ticket et qu’il n’a qu’à s’arranger pour récupérer cette somme mais en tous cas, nous on a plus de sous…

Ça discute, ça discute. Toujours avec un grand sourire, on reste bien calme comme si pour nous c’était tout à fait normal. Le bus ne redémarre pas donc tous les locaux nous regardent un peu et puis finalement le gars cède et on peut rester dans le bus gratuitement. Ouf 😉 On aurait eu l’air malignes d’être débarquées au milieu de nulle part.

Le trajet est assez long puisqu’on arrivera à 20h30, soit 13h30 pour faire les 365 kilomètres. On nous dépose à la gare des bus située à 6 km du centre de Phonsavan et là, Tuk, la petite Laotienne du début, nous propose de nous emmener dans sa voiture pour ne pas qu’on doive payer un tuk tuk.

Son copain et là également et ils proposent de nous emmener manger un bout puisque personne n’a soupé. Ils sont vraiment ADORABLES même s’ils ne parlent que très peu d’anglais. On essaye de communiquer comme on peut avec des gestes et les mots qu’on a à la fin de notre lonely planet en laotien. Ils insistent pour nous offrir le repas, ce qui nous gêne mais vraiment on n’a pas le choix.

IMG_2136 IMG_2138

Et ils nous proposent de faire la visite de la plaine des jarres le lendemain matin…

La plaine des jarres

Il s’agit d’une énorme étendue de jarres d’origine inconnue. Il y en a de toutes les tailles et elles sont réparties en 5 sites principaux (lien wikipedia). Il s’agit d’un des endroits les plus mystérieux du Laos car personne ne sait vraiment à quoi elles servaient. Plusieurs théories ont été avancées sur la fonction de ces jarres : sarcophages, récipient pour la fermentation du vin, pour la conservation du riz mais rien ne permet de vraiment confirmer ces théories. D’ailleurs, ça m’a un peu rappelé l’île de Pâques avec ces fameuses statues Moais (voir épisode 26).

  IMG_2142 IMG_2173

Nous visiterons le site numéro 1, situé à 25 Km de Phonsavan avec nos nouveaux amis laotiens. Ce qui est comique c’est qu’ils se sont fait tous beaux pour la visite. Quand on arrive sur le site, on comprend pourquoi, il n’y a que des locaux et ils sont tous sur leur 31 pour faire des photos… à côté des jarres… C’est très bizarre pour nous mais pour eux, ça semble normal. Il y a carrément un photographe professionnel qui vous tire le portrait et vous imprime et plastifie la photo sur un A4.

IMG_2171

IMG_2188

On est un peu l’attraction du truc et on sent que Tuk et son compagnon sont assez fiers d’être avec les deux seules blanches du site. C’est basse saison pour l’instant et donc on ne rencontre pas d’autre touriste. Du coup, tout le monde veut une photo avec nous. On passe plus de temps à poser pour les photos des laotiens que vraiment regarder les jarres. C’est assez comique et quand on voit comment ils sont contents de faire la photo, on ne peut pas leur dire non :)

IMG_2163

J’ai quand même un peu regretté d’être en pantalon de rando quand toutes les filles étaient en talon et chaussures compensées :)

IMG_2169

IMG_2153 IMG_2175

Après une petite heure de visite / séance photo, on repart pour aller visiter le deuxième site. Malheureusement, il est fermé au grand public ce jour-là. On repart donc vers Phonsavan.

UXO – Engins explosifs non désamorcés

Après la visite de la plaine des jarres le matin, nous disons aurevoir à nos petits amis et nous continuons dans le centre-ville pour faire deux centres qui parlent des UXO, traduisez par « Unexploded Ordonance ». Il peut s’agir d’obus de mortier, de mines antipersonnel, de bombes à fragmentation, etc

IMG_2187

Il faut savoir que le Laos est le pays qui a été le plus bombardé au monde. Surtout pendant la guerre d’Indochine entre 1964 et 1973. Les américains qui partaient bombarder le nord du Vietnam avaient comme consigne de larguer toutes les bombes restantes sur le Laos avant l’atterrissage pour éviter un éventuel accident à l’atterrissage

IMG_2186

Ces UXO continuent encore aujourd’hui de provoquer de nombreux accidents (souvent mortels) et empêchent l’exploitation de la terre. Il y en a beaucoup qui sont dissimulés dans les rizières, sous les écoles, les maisons, et les terrains de jeux et même dans les branches de bambous.

Environ 40% des accidents frappent des enfants qui jouent avec les « bombies » qui ressemblent à des ballons.

bombies

Les enveloppes de bombe en forme de torpille sont récupérées et transformées en objets de tous les jours ou revendues au poids. Les plus recherchées sont celles des bombes à fragmentation américaines (CBU), longues d’1m50. Lors du largage, elles s’ouvraient dans le sens de la longueur et disséminaient 600 petites bombes de la taille d’une balle de tennis (contenant chacune 250 billes d’acier).

Couchée, une CBU, sert de bac à fleurs. Debout, on en fait des clôtures ou des pilotis pour les maisons de chaume.

Bomb flower

Les fermiers de la région conservent les débris d’armement entre les pilotis de leur maison ou dans un coin de leurs champs et les revendent aux ferrailleurs qui passent de village en village. Le commerce des armes est censé être illégal au Laos mais ça n’empêche pas le marché parallèle de se développer.

De nombreux accidents sont causés par des chasseurs qui tentent d’ouvrir les bombes pour en récupérer la poudre et les balles en acier. Plusieurs organisations travaillent à débarrasser la province de ces engins dont MAG, voir ci-dessous.

MAG – Mines Advisory Group

Il s’agit d’une organisation britannique qui s’occupe du déminage. Le bureau présente une exposition explicative et vend des T-shirt et des DVD pour financer ses opérations. Ils diffusent également 3 films par jour pour expliquer l’histoire du Laos et parler de leur travail au quotidien. Certaines images sont difficilement supportables puisqu’il s’agit de corps déchiquetés par les bombes mais tout le côté historique et informatif vaut vraiment la peine de consacrer quelques heures à ces documentaires.

Luang Prabang, l’ancienne capitale

Luang Prabang est la troisième ville du Laos par sa taille. La ville a gardé beaucoup de traces de l’époque coloniale française, ce qui la rend très charmante et très différente des autres villes du Laos. Le gros (GROS) point positif c’est la nourriture bien sur… On trouve des pains au chocolat (ou « chocolatines » pour mes amis français), des croissants et de la baguette comme chez nous. Inutile de vous dire qu’on s’en est donné à cœur joie et que ça a été LA FÊTE de la nourriture.

IMG_2255IMG_2210 IMG_2040 IMG_2100

La visite des temples

Bon alors bien sur, on a pas fait que manger… On a visité…Devinez quoi…des temples (pour changer un peu :) Il faisait une chaleur à tomber mort donc franchement l’exercice était difficile. Surtout pour le Phu Si avec ses 329 marches. La vue au sommet est sympa et on a eu droit à quelques buddhas en prime.IMG_2261 IMG_2264 IMG_2276 IMG_2275 IMG_2266 J’ai beaucoup aimé les temples laotiens qui sont fort différents de ce que j’avais déjà pu voir au Myanmar ou en Thaïlande.

IMG_2260 IMG_2215

Tat Kuang Si

Les cascades de Kuang Si sont situées à une trentaine de kilomètres de Luang Prabang. Nous partons en tuk tuk pour passer l’après midi là bas. C’est assez touristique mais ça vaut la peine d’y aller, les cascades sont magnifiques, l’eau turquoise et le parc environnant assez plaisant. Dommage que le taux d’humidité et la chaleur vous rende tout poisseux à la fin de la ballade (on peut pas tout avoir, me direz-vous).

IMG_2337 IMG_2334 IMG_2341 IMG_2331 IMG_2321

Il y a également un petit parc ou on peut apercevoir quelques petits ours tout mignons.

IMG_2288 IMG_2289

Les moines

Si vous êtes motivés, il faut absolument prendre le temps d’aller voir les moines qui font la quête à l’aube. Les gens leurs offrent de la nourriture et divers objets du quotidien. Il faut mettre le réveil bien sûr, mais ça vaut vraiment la peine. Le tout se fait dans un silence assez impressionnant.

IMG_2232

IMG_2245 IMG_2251

Après ces 3 semaines au Laos, il est déjà temps de dire aurevoir à Elodie pour rejoindre la Thaïlande. J’ai vraiment ADORE le Laos et je regrette un peu de ne pas avoir eu le temps de faire le nord du pays. Il faudra que j’y retourne :)

Les Photos

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *