Episode 41 – Le passage de frontière au Cambodge

Après mon mois de visite en Thaïlande, j’enchaîne sur le Cambodge. Pour y entrer, plusieurs options sont possibles : train, bus, avion, mini bus. Voici les détails de ces différentes options et surtout quoiqu’il arrive NE FAITES PAS COMME MOI !! Ce passage de frontière aura été ultra éprouvant et à refaire, je changerai d’option… Mais lisez plutôt…

Mon super plan pour le passage de frontière

Le passage d’un pays à l’autre en Asie du sud-est est toujours très commenté sur les blogs des voyageurs car c’est une expérience particulière à chaque fois. Je m’étais donc bien renseignée sur le sujet avant de partir et je pensais avoir LE super plan pour passer la frontière « facilement » et de manière économique. Voilà donc ce que j’ai fait :

Après une très courte nuit à Bangkok, je me lève à 4h30 pour prendre un taxi de mon auberge jusqu’à la gare des trains de Lampong. Un taxi me direz-vous… C’est pas très économique mais vu que le métro n’ouvre qu’à 6 heures il n’y a pas le choix. Mon train est à 5h55, j’achète un ticket en 3ème classe et j’embarque. Je m’attendais à un train un peu pourri mais finalement ça va encore. Il y a des petits ventilateurs et les fenêtres sont ouvertes donc la chaleur est supportable (évidemment il n’est que 6 heures à ce moment là, ça s’empirera quelques heures après).

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Je croise quelques autres « backpackers » (traduisez : gens qui voyagent comme moi en sac à dos), qui me disent que je ne suis pas dans le bon wagon. Que je suis censée être dans le wagon de la fin, celui sans ventilateur. Je vérifie mon ticket avec des locaux qui me confirment que mon ticket m’autorise à rester dans ce wagon. Les autres préfèrent aller dans celui du fond qui selon eux est « plus authentique« …

Juste une petite parenthèse sur certains voyageurs qui recherchent toujours le côté « authentique » et « wild » du voyage. Je pense qu’ils ont beaucoup trop regardé le film « Into the Wild« … C’est quand même déjà pas mal de se taper 7 heures dans un train pourri, je ne vois pas l’intérêt d’en rajouter une couche en allant en plus chercher l’inconfort absolu… Surtout qu’au final, ils sont tous entassés dans un wagon de « backpackers » et donc le côté « authentique » et rencontre avec les locaux est un peu loupé puisque même les locaux sont dans le wagon avec ventilateurs :)

Bref, tout ça pour dire que je me retrouve seule dans mon wagon avec des locaux. Je m’endors rapidement parce que bien évidemment, je suis épuisée. Quelques heures plus tard, je me réveille, bouche ouverte, affalée sur le siège… vous savez ce genre de réveil avec zéro dignité ? il manquait juste le petit filet de bave au coin de la bouche. Et là, je vois que des gens se sont assis devant moi et me regardent amusés. Ben tiens donc :)

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Le monsieur parle un peu anglais et les dames sont des vendeuses ambulantes. Elles ont avec elles de petits paniers remplis de nourriture qu’elles vendent dans le train. Une « discussion » s’engage et ils sont super curieux. Ils me posent plein de question par rapport à mon voyage, ce que j’ai vu en Thaïlande, pourquoi je vais au Cambodge. Ils me montrent des photos de leur famille, etc. Ce qui les fait beaucoup rire aussi c’est la couleur de ma peau. Comme je suis bronzée, ils n’arrêtent pas de montrer mes bras et de comparer avec la couleur de leur propre peau.

Attention quand je dis conversation, c’est un grand mot, ça se limite à des mots, des gestes et des photos. Comme j’ai la 3G avec mon iphone, c’est assez pratique car je peux leur traduire quelques mots grâce à Google Translate.

Après ça, ils décident de me faire goûter le contenu de leur panier… Autant vous dire que je n’ai aucune idée de ce que j’ai goûté. Principalement des herbes et feuilles.

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Et après ça, ils me font goûter une mangue que le monsieur m’épluchera gentiment à la machette… Ce ne sont pas des mangues comme on a l’habitude de manger eu Europe, elles sont toujours vertes et ultra acide, ça se mange avec du sucre mélangé à du chili. ça arrache l’estomac ! C’est vraiment le truc impossible à manger qui te donne les larmes aux yeux tellement c’est sur. Mais bon comme c’est offert avec bon cœur, j’ai mangé presque la moitié.

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Ils étaient un peu déçus que je ne mange pas tout mais il valait mieux ça plutôt que de vomir par la fenêtre. Le seul truc qui était vraiment bon, c’est le « dessert » : une énorme galette de riz caramélisée dans du sucre…

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Je ne vous raconte pas l’état de mon estomac après tout ça… Surtout que je sortais d’une petite semaine de tourista, c’était juste ce qu’il fallait :)

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Bref, après 7 heures de train (au lieu de 5h30 initialement prévues), me voilà enfin arrivée à Aranyaprathet, la petite ville à la frontière Thaïlandaise. De là, je prends un songthaew, une espèce de petite camionnette ouverte où tout le monde est entassé, pour aller jusqu’au marché de Rong Khlua où se trouve le poste frontière de Thailande.

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Première file pour obtenir son visa de sortie. Le gars discute un peu au moment de tamponner mon passeport en montrant la date. La date de mon visa est valable jusqu’au 20 mars et nous sommes le 20 mars donc je comprends pas trop. Je répète « I don’t speak thai » et « it’s OK? » un peu près 10 fois et comme le gars ne parle pas un mot d’anglais, il finira par mettre le précieux cachet pour que je puisse sortir du pays.

Après ça, il y a une zone « sans pays », c’est à dire qu’elle n’appartient ni au Cambodge, ni à la Thaïlande. C’est un peu bizarre car il y a pas mal de mendiants et des fermiers avec des bœufs (qu’est ce qu’ils font là ?) et surtout un nombre incalculable de rabatteurs qui essayent de vous convaincre que passer la frontière sans leur aide va être impossible et donc qu’il vaut mieux leur donner votre passeport pour qu’ils fassent toutes les formalités administratives à votre place, moyennant une petite commission bien sur…

« Attends, laisse moi réfléchir… je vais donner mon passeport à un gars dans une zone de transition entre deux frontières et en plus le payer pour ça ? Mmmmm… non, je crois que je vais passer mon tour ».

Une fois que la zone est traversée (environ 200 mètres), on arrive au bureau de l’immigration cambodgienne pour payer le visa : 35 USD (+/- 35 EUR) et 100 Baths (+/- 3 EUR) de corruption… Ils ne se cachent même pas de dire que c’est de la corruption, c’est ça qui est fou ! Alors bien sur, vous pouvez refuser de payer ce pot de vin mais alors là, il vaut mieux vous armer de patience parce qu’évidemment ils ne vont pas faire votre visa. Ils vous éjectent de la file et vous êtes parti pour attendre de nombreuses minutes/heures en fonction de leur bon vouloir. Moi, je n’ai même pas essayé de batailler sachant que la journée était loin d’être finie.

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Après le visa dans le passeport, il faut continuer vers un autre bureau pour obtenir le tampon d’entrée… Ben tiens donc… parce que le gars du premier bureau savait pas faire le bureau ET le cachet en même temps ?! Enfin, vous me direz : ça crée de l’emploi…

Donc re-file pendant presque une heure… sous 40 degrés avec le sac à dos…

Petit conseil, ne vous enfilez pas un paquet de cacahuètes dans la file d’attente car ça fait foirer la machine qui prend les empreintes digitales :) Ils étaient moyennement ravi que j’ai graissé leur écran… Entre le gras des cacahuètes, le sel et la transpiration, je fais ce que je peux aussi :)

Et quand, enfin, vous êtes autorisé à entrer au Cambodge, on vous met dans un bus du gouvernement, gratuit, pour vous emmener soi-disant à la gare des bus pour que vous puissiez prendre votre bus vers Siem Reap. C’est là qu’il faut dire NON !! Il vaut mieux ne pas monter dans le bus et se chercher un pick-up pour faire du stop ou même payer un taxi jusque Phnom Phen. Parce que le bus du gouvernement ne vous amène pas du tout à la station de bus mais à un espèce de bâtiment à touristes pour vous vendre un taxi (qui bien sur est plus cher que ceux de la frontière) ou un bus qui ne part qu’une heure plus tard et qui, bien sûr, va vous arrêter au restaurant de son frère ou de son cousin pendant 40 minutes… et Cerise sur le gâteau : le bus ne vous arrête pas dans le centre de Siem Raep donc il faut repayer un tuk tuk après ça. Résultat, le bus mettra 4 heures pour faire 150 Km !!

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Alors qu’un taxi aurait mis 2 heures 15 (oui, ils roulent lentement au Cambodge).

Donc au final, je suis partie à 5 heures du matin de Bangkok pour arriver à 20 heures à mon auberge à Siem Reap !! Pour les voyageurs qui me lisent et qui s’apprêtent à faire le même trajet, voici le détail de ce que ça m’a coûté :

Taxi Auberge – gare de bus : 65 baths (1,85 EUR)

Bus Bangkok – Aranyaprathet : 48 baths (1,35 EUR)

Songthaew jusqu’au marché de Rong Khlua : 15 baths (0,40 EUR)

Bus Poipet – Siem Reap : 9 USD (8,30 EUR)

Tuk tuk Siem Reap – auberge : 1,50 USD (1,40 EUR)

Donc évidemment, ce n’est pas cher 13,30 EUR... c’est sûr…Mais à refaire, je prendrai l’avion SANS hésiter une seconde. Pour 50 EUR, il y a moyen de se trouver un vol direct Bangkok – Siem Reap et vous arrivez en 1 heure tout frais et dispo. Parce que je ne vous raconte pas dans quel état vous arrivez après 15 heures de trajet sous cette chaleur…

AVION

Comme je le disais ci-dessus, c’est sans conteste LA meilleure option pour passer cette frontière. Les vols avec Bangkok Airways sont assez chers mais Airasia et Cambodia Angkor Air offrent des vols à des prix raisonnables.

BUS

Pour ceux qui n’ont pas envie de dépenser 50 EUR pour le billet d’avion, ou qui (comme moi) s’y sont pris trop tard pour réserver le billet, il y a toujours l’option bus depuis la gare de Mo Chit à Bangkok pour 750 Baths (+/- 22 EUR). C’est un peu plus rapide que le train mais ça reste pénible quand même.

En conclusion : ne faites pas les radins et prenez l’avion !!! 😉

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