Episode 23 – En route vers le froid de la Patagonie

Petit rappel géographie

Alors pour commencer : non, la Patagonie n’est pas un pays comme je l’ai entendu plusieurs fois. Il s’agit d’une région d’Amérique du Sud partagée sur deux pays : le Chili et l’Argentine. Et puisque vous mourez tous d’envie de me faire la blague : non, je n’ai pas vu Florent Pagny :) Ceci étant dit, je peux commencer à vous raconter mes quelques semaines là-bas…

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Si vous vous souvenez du dernier épisode, je quittais les Galápagos en mauvais état puisque je m’étais luxée la rotule. Aie, Aie, Aie… Malgré qu’un gentil membre des secours me l’ai remise en place, je souffrais « le martyre ».
Pour venir des Galápagos, j’avais 3 vols à prendre pour faire un peu plus de 6.000 KM et deux jours de voyage… Que du bonheur quand on a le genou en compote. Heureusement pour moi, les membres d’équipage des différentes compagnies aériennes ont été adorables et ils m’ont placée à chaque fois seule sur une « banquette » de 3 places pour que je puisse allonger ma jambe.

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J’ai réussi à trouver une pharmacie à l’aéroport de Guayaquil où on m’a vendu du Voltaren en spray pour soulager la douleur…

Punta Arenas

Bref, deux jours plus tard me voilà arrivée dans la petite ville de Punta Arenas ( au Chili ). J’arrive de nuit vers 1h30 du matin, sans aucune réservation car je n’avais pas trouvé d’hôtel avec une réception ouverte 24h/24… Au bureau d’information de l’aéroport le gars me propose de traîner au casino jusqu’au petit matin car c’est gratuit… Eeeuuhh c’est gentil mais j’ai plus envie de ce qu’on appelle « un lit » pour dormir et poser mon énorme sac à dos :)
Je tombe sur 2 californiennes dans la même situation que moi et nous décidons de prendre un taxi jusqu’à une auberge indiquée dans le Lonely Planet. Pour 7.000 Pesos, nous voilà donc en route pour une petite demi heure avec un chauffeur de taxi trop gentil, qui avait lui même voyagé pendant 2 ans en Amérique du Sud. Super emballé d’avoir 3 voyageuses dans son taxi, il ne s’est pas tu une seconde et nous a expliqué plein de choses sur la région. La première auberge étant complète, on en trouvera une autre dans la même rue que je recommande vivement : Patagonia House
Comme son nom l’indique, c’est une petite maison chaleureuse avec une cuisine commune et de l’eau bien chaude pour les douches ! Petit déjeuner de la fête ( = du pain avec du dulce de leche pour moi).

Petite Anecdote

Bref, cette petite parenthèse terminée, revenons-en a Punta Arenas : je pars « visiter » la ville avec Caro et David, une française et un espagnol qui prenaient le bateau que je voulais prendre aussi pour rejoindre Puerto Williams. La ville la plus au Sud du monde (non, non, ce n’est pas Ushuaia !). On se fait un super bon resto italien, quelques courses pour la semaine et j’apprends que le bateau est complet. Sur le moment, je prends ça comme de la malchance mais finalement ça se révèlera être une très bonne chose car quelques heures plus tard, j’étais à l’hôpital aux urgences entrain de faire radio et IRM… Oui, c’est bien beau de faire semblant qu’on a pas mal, qu’on est grande, qu’on sait supporter la douleur mais il y a un moment où ton corps te rappelle à l’ordre… Et là, il a pas fait semblant…

femmes en blanc
Me voilà donc à la clinique Magellanes et il faut dire qu’ils ont un service impeccable ! Tout est neuf et très bien organisé. Il y a un truc comique c’est qu’avant chaque examen, la loi impose de vous dire le prix et vous demander votre avis… Donc tu es en petite culotte sur une table des urgences et une femme de la réception vient te trouver en disant  » le médecin voudrait vous faire passer une radio, ça coûtera autant, vous la prenez ? »
« Eeeuuhh, comment ça : je la prends ? Si le médecin l’a dit, il faut le faire, non ? »
« Non, non, vous pouvez décider de partir »
« Ben oui mais je ne sais plus marcher donc je crois que je vais la prendre oui »

Ça m’a vraiment fait penser aux boucheries en Europe où tu commandes du boudin et que la femme te dit  » il y en a un peu plus, je vous le mets ? »

Bref, après quelques heures aux urgences, j’apprends que rien n’est cassé mais qu’il faut faire une IRM en « urgence » le vendredi. Ce que j’avais compris comme étant le lendemain puisque nous étions jeudi.  Donc le lendemain matin, je me pointe à l’hôpital armée d’un bouquin prête à attendre quelques heures comme la veille et là, je comprends que le fameux rendez-vous en urgence était le vendredi suivant !! Ben oui, qu’est ce que je croyais ?! Même en Belgique, il faut des semaines pour avoir un rendez-vous. Donc là, j’explique gentiment que ça va pas être possible car je dois partir à Ushuaia. Ils me proposent de me faire soigner dans mon pays en rentrant mais quand je leur explique que ce sera dans 10 mois, ils comprennent que ça va être un peu long :)
Du coup, tout le monde s’est mis en 4 pour m’aider. Ils ont vraiment été adorables (j’utilise beaucoup ce mot mais les gens de Patagonie sont vraiment tous ADORABLES ! Ça change de toutes les régions visitées auparavant).
La réceptionniste arrivera à m’insérer entre 2 rendez-vous, à peine une heure plus tard. Et le technicien qui me fit passer l’IRM réussira à avoir les résultats en priorité pour que je puisse voir le spécialiste début d’après-midi…sans rendez-vous…
Résultat : ménisque quasi rompu mais aucun ligament endommagé… Enfin de ce que j’ai compris hein… Parce que mon niveau d’espagnol est assez bon mais je l’utilise rarement en termes médicaux. Ce que je suis sûre d’avoir bien compris c’est l’interdiction absolue de marcher pendant 15 jours et la genouillère à garder pendant 30 jours !! Aaarrggghhh !! Mais je suis en Patagonie pour faire du trekking ! « Et bien mademoiselle, il va falloir changer vos plans. Je vais vous donner des anti-inflammatoires et quelques médicaments mais je ne saurais pas faire de miracles pour vous. Il faut vous reposer et ne pas marcher »…

DeceptionMe voilà donc de retour à l’auberge le moral un peu dans les chaussettes ne sachant pas trop comment faire pour visiter sans marcher… Finalement j’arriverai à trouver quelques compromis sur les 3 semaines pour pouvoir visiter certains endroits en mode  » je ne marche pas trop ».

Heureusement donc que je n’avais pas pris le bateau la veille car j’ai appris plus tard par Caro que Puerto Williams c’était bel et bien le bout du monde et qu’il n’y avait juste RIEN : pas d’Internet, pas de magasin, pas d’hôpital et surtout que c’était vraiment galère pour revenir à Ushuaia après !

Sinon la petite ville de Punta Arenas est très agréable à vivre. Il n’y a pas grand chose à voir mais c’est très reposant…

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Isla Magdalena

Après deux jours de repos à l’auberge, je décide de m’inscrire à une excursion pour aller voir des pingouins sur l’île Magdalena. D’après ce que je comprends, il ne faut quasiment pas marcher donc je me dis que ça devrait aller.
L’excursion coûte 32.000 pesos chiliens (+/- 45 EUR) et vous emmène en ferry jusqu’à l’île. Le départ de fait à 17h pour que les pingouins aient eu le temps de rentrer de leur journée de pêche et soient dispo pour les touristes. Il faut deux bonnes heures pour arriver sur l’île. Les pingouins nous regardent débarquer assez amusés du spectacle :) (en bas de la photo dans les cailloux)

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L’île est assez petite et de fait il ne faut pas trop marcher mais, ça monte, donc je sens bien le genou quand même. Sans parler de tous les escaliers dans le ferry. Ce n’était finalement pas une si bonne idée que ça mais bon, ce ne sera pas la seule mauvaise idée sur le séjour :)

Mis à part ça, il fait vraiment vraiment froid (et là, j’ai une petite pensée pour les 2 californiennes 😉 et, il y a des pingouins et d’autres oiseaux partout partout! C’est assez sympa à faire si vous n’avez jamais vu de pingouins mais sinon c’est quand même un peu l’usine à touristes puisqu’ils débarquent, sur cette petite île, une centaine de passagers en même temps.

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Au retour, de nouveau deux heures de ferry, l’occasion de faire une petite sieste. Nous arrivons donc à 22h sur le quai. Là, on s’attend à une armée de taxis pour venir cueillir les touristes… et… non… rien…
Comment ça rien ? Ben on fait comment pour rentrer ?! Et là du coup, ça a été moyen marrant car on a dû marcher pas mal le long de la route dans le noir et sous une fine pluie… Rétrospectivement c’était marrant de voir une cinquantaine de touristes sur le bord de la route faire du stop. Il n’y avait vraiment pas beaucoup de voitures qui passaient et de toute façon aucune d’elles ne se serait arrêtée vu le nombre qu’on était. Comment choisir qui on charge et qui on laisse sur le bord de la route.

Sur le coup, les taxis n’ont pas été très malins car on aurait tous été prêts à payer n’importe quoi pour ne pas marcher les 6 km le long de cette grand route. Finalement grâce à l’œil avisé de Fanny nous rentrerons en « collectivo ». C’est comme un taxi sauf que la voiture est noire et il fait uniquement un seul parcours mais vous dépose où vous voulez. Par chance, notre collectivo s’arrêtera pile poil devant notre auberge ! Heureusement car je ne me voyais plus marcher 100 mètres de plus avec mon genou…

Direction Ushuaia

Dès le lendemain matin je prends le bus pour Ushuaia avec deux australiens rencontrés au début du voyage dans le nord de l’Argentine. Nous nous sommes retrouvés par hasard dans la même auberge et même excursion, comique :)

Le trajet en bus jusque Ushuaia dure entre 10 et 12 heures en fonction du temps que vous perdez à la douane. En gros si tout le monde à son passeport et sa carte d’immigration en ordre ça peut aller vite. Par contre, pour peu qu’il y ait un petit comique avec un fruit dans son sac ou avec un problème de visa, tu peux rester coincer longtemps… Les australiens m’ont raconté qu’à la frontière précédente, ils étaient restés une heure et demi et avaient eu droit à un interrogatoire car la date dans leur passeport ne correspondait pas à leur entrée réelle sur le territoire, qu’ils avaient fraudés etc. Alors que c’est simplement le gars qui met les tampons dans le passeport qui n’était pas bien réveillé et qui s’est gouré de date… Résultat, le bus a pris plus de deux heures de retard à cause d’eux… Bizarrement, ils ne se sont pas fait beaucoup d’amis dans le bus ce jour-là :)

Sinon pour le bus, il y a 4 compagnies qui offrent ce service. Toutes au même prix de 30.000 pesos chiliens (+/- 40 EUR).

Les conditions climatiques quand j’arrive à Ushuaia ne sont pas top et donc je ne peux pas faire la croisière sur le détroit de Magellan :( En même temps, je suis tellement assommée avec les médicaments qu’on m’a donné à l’hôpital que je suis contente de pouvoir me reposer à l’auberge.

IMG_4145 IMG_4127 IMG_4125 IMG_4117 IMG_4114 IMG_4093Vu que l’état de mon genou ne s’améliore pas, je décide de prendre l’avion pour rejoindre El Calafate en Argentine et éviter les 16 heures de bus qu’il faut pour s’y rendre.

El Calafate

El Calafate est une petite ville située à côté du Lago Argentino. C’est le point de départ des excursions vers le glacier Perito Moreno situé dans le parc « Los Glaciares ».

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Le Perito Moreno

Le glacier Perito Moreno est l’un des trois seuls glaciers de Patagonie qui n’est pas en régression. Le front du glacier fait approximativement 5.000 mètres de long, la hauteur de glace est de 170 mètres, dont 74 mètres sont émergés. Il avance d’environ deux mètres par jour (700 mètres par an). À certains endroits son épaisseur atteint 700 mètres.

Pour y arriver, il faut environ une heure et demi. Le bus s’arrête dans une estancia pour pouvoir jouer avec les moutons et les biquettes. Certains voudront d’ailleurs revenir avec nous dans le bus mais il parait que c’est interdit de les reprendre… Dommage…

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Le glacier se visite d’abord à pied, à l’aide de passerelles qui traversent le parc de long en large et puis il y a moyen de prendre un petit bateau qui approche d’assez près la face sud du glacier. Pour ceux qui n’ont pas le genou en compote, le mieux c’est de faire le trekking sur le glacier (pour 100 EUR environ).

IMG_4338 IMG_4359 IMG_4363 IMG_4375 IMG_4428Le paysage est saisissant et ça restera un de mes meilleurs souvenirs de cette escapade en Patagonie.

El Chalten et le Fitz Roy

Après le glacier et les moutons, il est temps de passer à l’étape suivante : le petit village d’El Chalten. Point de départ de nombreuses randonnées dont la plus célèbre : celle qui mène au Fitz Roy.

IMG_4536 IMG_4552 IMG_4553 IMG_4622Le premier jour en arrivant, je ne me sens vraiment pas bien donc je décide de laisser les filles partir faire la rando à 2. Le lendemain, nous nous mettons en route pour essayer de voir le Fitz Roy. La randonnée fait 8 heures en tout, ce qui est bien sûr, fortement déconseillé pour moi (voir carrément interdit) mais comme je ne tiens plus en place, je décide de faire quand même la première partie de la ballade jusqu’à la Laguna Capri. Ce qui n’était finalement, pas une si bonne idée que ça, car après seulement 4 heures de rando, je ne sens plus mon genou :/

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Les paysages sont magnifiques même si finalement on ne verra pas le Fitz Roy car il restera caché derrière ce nuage en forme de chantilly.

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Je retourne à l’auberge avec Léa pendant que Maiété finit courageuse la ballade dans le froid et les bourrasques de vent.

Nous aurons finalement l’occasion d’apercevoir au loin le Fitz Roy sur le chemin du retour.

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La dernière étape de la Patagonie devait être le Parc Torres del Paine au Chili mais vu l’état du genou, je décide de partir plus tôt pour rejoindre Santiago du Chili et me reposer là bas.

2 réflexions au sujet de « Episode 23 – En route vers le froid de la Patagonie »

  1. Cyril

    Hey !

    Je suis en ce moment entrain de lire tes aventures et de regarder tes photos (Qui font du coup pas mal rêver) mais … on veux la suite, l’île de pâques, l’Australie et tes débuts en Thaïlande ! Transmets tes histoires à tes jeunes apprentis, père castor :p .

    Allez, gros bisous et bonne continuation ;p

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  2. Murielle Buvens

    Bonjour Katia,
    Même si on ne se connait pas (encore), je me permets de t’appeler Katia et de te tutoyer. J’espère que tu ne m’en voudras pas :-).
    Je suis une amie du Notaire Smetz, la marraine de sa plus jeune fille. Mon compagnon et moi aimons les voyages et Patrick m’a parlé de ton tour du monde et m’a donc filé ton site (super bien fait, félicitations).
    J’ai commencé à lire tes aventures depuis janvier. J’ai fait cela sur mon temps de midi au boulot : quel bonheur, quel plaisir, quelles découvertes … ! Je me réjouissais à chaque fois de te retrouver.
    C’est super sympa de découvrir tout ce que tu (as) fait, toutes tes infos, conseils, photos … avec la manière en plus : l’humour et une belle plume ! Je suis devenue fan et « accro » :-)
    Je suis malheureusement arrivée au dernier épisode de tes aventures et j’attends le prochain article avec impatience.
    J’espère que ton genou est à présent ok.
    A+
    Murielle

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