Episode 11 – Journée pourrie

Pour ceux qui nous envient en se disant tous les jours qu’on a de la chance d’être au bout du monde et de se la couler douce, réjouissez-vous : tout n’est pas rose ici non plus…Petit récit d’une journée bien pourrie :)

Après nos deux jours de repos à Sucre, nous devions prendre un avion pour La Paz, la capitale de la Bolivie. Le billet était acheté depuis longtemps car nous avions trouvé une super promo à 37 EUR par personne via la compagnie BOA (Boliviana de Aviacion).

Sucre-La Paz

On aurait pu faire le trajet en bus, ce n’est que 13 heures (on est plus sur ça me direz-vous), sauf que la route est réputée dangereuse car les chemins boliviens ne sont pas tous en bon état et le trajet se fait de nuit, dans des lacets, sans éclairage.

Et surtout, le jour où je préparais cette partie du voyage, je tape dans google « bus sucre – la paz » et là, j’ai tout une série d’articles qui parlent de l’accident de car qui venait de se produire avec 46 morts… Alors, c’est sûr, que les accidents ça arrive mais vu que je suis un peu superstitieuse à mes heures, j’ai pris ça comme un signe et j’ai réservé l’avion :)

BOA n’est pas une compagnie très réputée et elle a été sur liste noire à un moment. Donc l’un dans l’autre c’était choisir entre 13 heures de bus avec une probabilité d’accident élevée ou 1h20 d’avion avec une probabilité d’accident un peu moins élevée. J’ai préféré stresser pendant 1h20 plutôt que 13 heures…

Nous voilà donc parti pour l’aéroport de Sucre en taxi. On prend le premier taxi qui vient dans la rue et quand on voit la voiture s’approcher, je me pète à rire ! Elle avait deux fois mon âge et il n’en restait pas grand-chose. La portière passager ne s’ouvrait pas mais bon, le monsieur avait l’air gentil et on était mal à l’aise de lui dire « on ne monte pas dans ta voiture, elle est pourrie ». Donc gentiment, on essaie de caser les sacs comme on peut et nous démarrons vers l’aéroport qui, heureusement pour nous, n’était qu’à 15 minutes de notre auberge.

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Pour info, la course coûte 30 Bolivianos (+/- 3,35 EUR) jusqu’à l’aéroport mais généralement pour les touristes, ils demandent 60 Bs (6,75 EUR). Comme le monsieur avait été bien gentil de ne pas nous arnaquer, nous lui laissons un généreux pourboire en espérant qu’avec ça, il s’achète un revêtement d’intérieur de voiture.

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L’aéroport de Sucre

En tant que bons touristes stressés que nous sommes, nous étions là 3 heures à l’avance. Vu que l’aéroport de Sucre est grand comme un hall omnisports, on commence à rédiger le blog et faire les comptes dans un joli fichier excel en attendant. De temps en temps, on passe voir sur le tableau d’affichage si le vol n’est pas retardé… tout à l’air OK.

À 11h20, le message « pre embarque » apparaît et nous nous présentons donc avec nos beaux billets devant le contrôle…Et là, la femme commence à courir avec nous derrière elle vers l’autre bout de la salle. On ne comprend pas trop puisque le vol n’est qu’à 11h40… Arrivés au comptoir, elle discute avec une autre dame et là on comprend qu’il y a un soucis mais on ne sait pas trop quoi. On nous dit qu’on est en retard !?! « Eeuuuh… Ben non, puisque vous venez juste d’afficher le pré embarquement. »

« Ah oui, mais non, le pilote a décidé de décoller plus tôt et donc il est parti à 11h »

« PARDON !?!?!?!?!? C’EST QUOI CETTE BLAGUE !? »

Quelques minutes d’énervement, tout le monde reprend son calme (enfin, presque) et là, je demande : » et nos bagages ? «

Et tout naturellement, elle me répond « ben, dans l’avion ! ». Genre, pourquoi est-ce que tu me poses cette bête question, forcément qu’ils sont dedans.

Deux crises de larmes plus tard, je reprends mon calme et j’essaye de comprendre rationnellement pourquoi le pilote se barre 40 minutes plus tôt sans tous les passagers ? Quel est l’intérêt ? Il avait rendez-vous avec un pote à l’aéroport ? Un match de foot qui commençait ? QUOI ?! Qu’on m’explique !

« Pas besoin d’explication, il se réserve le droit de le faire ! »

Bon admettons… Mais là, j’essaye de comprendre pourquoi une des trois greluches de derrière le comptoir n’est pas venue nous le dire ! Elle avait royalement 12 mètres à marcher. Vu que nos bagages étaient enregistrés, ils savaient qu’on était là dans l’aéroport à attendre. Ou au moins faire un appel micro avec nos noms ou encore mettre l’heure avancée sur leur (foutu) tableau d’affichage… Mais non, ils ne comprennent pas pourquoi je m’énerve et ce que j’essaye de comprendre puisque : c’est comme ça!

Une demi-heure plus tard, on commence à chercher un plan pour récupérer nos bagages. Déjà que je n’ai droit qu’à un sac à dos de fringues, si en plus, on me le paume, je suis mal !!

On leur demande pour nous recaser sur un autre vol et bien sûr il n’y en a plus avant le lendemain…mais… il est COMPLET !! Le gars fait preuve d’un peu de compassion à mon égard (je crois que c’est les larmes, ça marche toujours !) et nous dit qu’il va nous aider. Qu’on a qu’à venir demain matin et qu’il essayera de nous faire rentrer dans l’avion…

« Eeeuhh… Oui, mais il est complet ton avion ? »

« Ben oui, mais si je parle au chef de l’aéroport, il y a peut-être moyen que je vous fasse rentrer »

« Dis chouchou, c’est mignon tes plans mais on parle d’un avion… on ne parle pas d’être debout dans le fond d’un bus… Donc soit, il est complet, soit il n’est pas complet mais on ne va pas prendre le risque de monter dans un avion sans avoir de place »

« Ah bon ? »

« Ben oui…on est comme ça, nous les européens… (enfin, je suppose). Ce qu’on va faire, c’est que vous allez nous rembourser le billet et qu’on va en acheter un auprès d’une autre compagnie»

« Ah oui tiens, c’est une autre idée »

« SANS BLAGUE !!!!!! »

Là, Rudy me tire par le sac à dos pour me rappeler que le monsieur est gentil avec nous et qu’il essaye de nous aider même si ses idées sont débiles pour que je me calme…

keep calm

Bref, bien gentil qu’il est (il faut lui laisser ça), il fait le tour des autres compagnies aériennes pour nous trouver un autre vol et on atterrit finalement chez TAM (jeu de mot pourri, pardon :). Là, on est pris en charge par un autre monsieur qui nous dit qu’il y a un vol à 16 heures qui est complet mais qu’il peut essayer de nous avoir une place. Décidemment ! C’est quoi ce trafic de places d’avion ? Mon esprit trop cartésien bugge sur le moment. J’en reviens toujours à « où il y a de la place, où il n’y en a pas». Mais personne ne comprend que je me tracasse de ce détail. On finit par dire OK au plan foireux parce que de toute façon, on en a pas d’autre et que je ne veux pas laisser nos bagages plusieurs jours seuls dans l’aéroport de La Paz.

Le gars nous explique qu’il faut qu’on attende 15h30 et que là, il pourra nous fournir des tickets mais pas avant…On attend donc patiemment dans l’aéroport (sans wifi et passablement énervés)…

Vers 15 heures, on y retourne, on retrouve notre bonhomme aux bons plans et là, il nous dit, « OK, c’est bon, je peux vous avoir une place mais il faut me payer en cash tout de suite »… Le truc louche à mort… mais bon, on veut partir de Sucre donc on accepte. Il nous donne un bout de papier et on peut enfin embarquer. On était 8 dans son avion soi-disant COMPLET !!

La Paz

Arrivés à La Paz, commence la chasse au trésor pour retrouver nos sacs… Heureusement, on ne devra expliquer l’histoire qu’à 5 personnes différentes avant qu’on ne nous emmène dans un petit bureau où ils nous attendaient sagement. Ce qui est drôle c’est que quand tu expliques que le pilote a décollé avec 40 minutes d’avance, ça n’étonne personne… Non, tout le monde trouve ça normal.

Bref, nous voilà donc à l’aéroport avec nos bagages (le sourire revient) et on entame les démarches pour essayer de se faire rembourser notre billet payé avec la compagnie BOA. Et là, bien sûr, personne ne sait le faire et on se fait envoyer d’un bureau à l’autre. Ben tiens donc…Surprenant ! On finit par nous donner l’adresse du siège central à La Paz où on doit aller remplir un dossier de réclamation. Ça tombe bien, après une journée perdue dans un aéroport on a que ça à faire…

Nous quittons donc l’aéroport à bord d’une espèce de mini bus, appelé « Collectivo » qui pour 3,70 Bs (0,40 EUR) nous emmène dans le centre. Alors, c’est vrai que c’est pas cher mais on comprend pourquoi. Les sacs sont tapés comme ça sur le toit, pas le temps de demander pourquoi on ne les attache pas qu’on est déjà parti sur les chapeaux de roues ! Après avoir failli mourir 3 fois sur les 35 minutes de trajet, il nous dépose quasiment devant le bureau de l’agence BOA ou nous arrivons à 18h32… Et là, devinez quoi : ça fermait à 18h30… VDM…

Vu qu’il y avait encore des gens dans l’agence, j’insiste un peu et là, on me dit « chez nous, l’heure c’est l’heure, on est très à cheval sur la ponctualité ». PARDON ?! ?! ?! Le semblant de calme que j’avais retrouvé dans l’après-midi, s’envole en un instant et je me ré énerve.

Après une demi-heure de scandale devant l’agence, le gérant finit par nous recevoir et me traite de menteuse parce que l’avion est parti à l’heure et que nous n’avions qu’à être dans l’aéroport à l’heure du décollage… Bref, devant tant de mauvaise foi, nous abandonnons et finissons par partir escortés par le garde qui nous met gentiment dehors.

Au final, au lieu de 37 EUR, ce vol nous aura coûté une grosse centaine d’EUR et surtout beaucoup de frustration et de dégoût par rapport à la malhonnêteté de certaines personnes.

Arrivée à l’auberge

Une fois sur le trottoir, on se demande où on est. Il fait noir, on n’a pas de plan et on a aucune idée d’où se trouve l’auberge qu’on a réservé. Il faut vous imaginer La Paz à l’heure de pointe, c’est quelque chose : des klaxons dans tous les coins, une pollution incroyable (on arrive à peine à respirer), des milliers de gens qui traversent dans tous les sens, des vendeurs ambulants qui vous accostent pour vous vendre des objets dont vous ne comprenez même pas l’utilité… Et vous vous êtes là avec votre sac à dos de 15 kg derrière et 5 Kg devant entrain d’essayer de trouver votre chemin…Grand moment de solitude.

Du coup, on décide d’appeler un taxi et on file à l’auberge. Elle n’était pas si loin que ça finalement mais bon, vu la journée qu’on venait d’avoir, il était temps que ça s’arrête.

Le taxi nous dépose devant ce qu’on pense être notre auberge, mais en fait, il y a deux auberges qui portent le même nom… Bien pensé ! :) Heureusement, la nôtre n’est vraiment pas loin à pied donc on finit par y arriver. Là, on nous propose deux options : le dortoir de 20 personnes à 6,50 EUR la nuit par personne ou la chambre double à 10 EUR par personne. C’est gentil mais on va faire l’impasse sur le dortoir :) On s’offre donc carrément le luxe d’une chambre double avec salle de bains privative svp (oui, on est foufous). D’ailleurs au passage, l’auberge est vraiment bien, ils brassent leur propre bière, c’est comique et pas trop mauvais. Voici le lien : The adventure Brew Hostel 

On avale vite un bout et puis on file à la gare des bus pour voir comment rejoindre le Pérou. Hors de question pour nous de rester à La Paz. On avait eu beaucoup d’échos négatifs et à le voir en vrai, on est surs que ça ne va pas nous plaire. Une demi-heure plus tard, on trouve une compagnie qui a de la place pour le lendemain 8h30. Choupiiie ! On rentre à l’hôtel et là, pour terminer cette journée en beauté : petite séance de vomi ! On ne sait pas si c’est le mal de l’altitude, l’énervement ou les empanadas avalés sur le pouce mais toujours est-il que je me mets au lit en grelotant et vraiment pas bien…Et c’est là qu’on est content de ne pas se taper les 18 autres personnes dans le dortoir en plus :)

Bref, une journée bien bien pourrie !!

Niveau photos, on n’avait pas trop la tête à ça comme vous pouvez l’imaginer, on a juste quelques photos de La Paz le lendemain matin. Attention, il faut préciser, qu’il pleuvait et qu’on n’est pas vraiment arrivés dans les bonnes conditions non plus. C’est peut être très bien comme ville mais en tous cas, nous on n’a pas aimé et on n’a pas essayé non plus…

Les photos

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9 réflexions au sujet de « Episode 11 – Journée pourrie »

  1. Laura et Fanny

    Ta journée pourrie a amené un peu de joie dans notre « vrai première journée » d’automne.
    Ce ne fût pas amusant pour vous mais qu’est-ce qu’on a ri?
    Ta façon d’écrire nous plonge à 100% dans tes aventures.
    A bientôt
    Laura et Fanny

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  2. Vanessa

    J’imagine très bien tous les états dans lesquels tu as dû passer!! Je me serai autant énervée par tant de mauvaise fois.. Cela dit tes photos de La Paz de m’attirent pas du tout (ton récit doit y être un peu pour qqch 😉 ) gros bisous ma belle tu nous manques!

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  3. So

    Juste un truc que t’as pas compris : normal qui peut y avoir place dans un avion complet…y suffit que le pilote parte plus tot sans prevenir les choupinous de couillons de touristes! 😀

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  4. Cath

    Haaaaa… Les joies du voyage! Ça me rappelle de nombreux souvenirs et ça me MANQUE! Comme je te disais, durs sur le coup, mais ils n’en demeureront pas moins les meilleurs… Bisous ma Belle

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  5. Nadine

    Et bien ma Katia malgré toutes ces mésaventures tu me fais trop rire. C’est très bien rédigé. Tu es douée. Gros bisous ma belle

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